EDITOZ
Opérations secrètes de la CIA en Europe:
"ET LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME CONTINUE!"



 


Les “terroristes” sont dans les avions, au-dessus de vos têtes. Rassurez-vous, ils ne voyagent pas dans les cockpits, armés de cutters, les yeux injectés de sang. Non, ils sont assis bien sagement à l’arrière, ficelés comme des paupiettes de veau, impatient de connaître leur nouvelle destination de villégia(tor)ture.

Dick Marty, député suisse, à été chargé par la commission de l’Europe d’enquêter sur les opérations secrètes de la CIA. Il a commencé par réunir tous les dossiers et les preuves dispersés dans toute l’Europe. Et en janvier, il a convoqué les médias et leur a tout déballé, bafouant les règles les plus élémentaires de l’omerta américaine. Les Etats-Unis ne torturent pas! Ils délèguent essentiellement. Ce n’est pas très glorieux, mais pour eux c’est plus simple, ça leur évite de violer leurs belles lois libérales. Et puis, les pays «lèche-cul» prêt à faciliter les activités de la CIA ne manquent pas. Enlèvements de suspects en Italie, Allemagne, Suède et Suisse, prisons secrètes en Roumanie, et en Pologne, torture en Arabie Saoudite, Jordanie et Egypte.

Et pour les droits de l’homme?
Comment qu’on fait?

Le Conseil fédéral, après avoir joué des claquettes pendants des semaines, s’est enfin décidé à commenter: “La Suisse n’est pas le SAINT-SIÈGE des droits de l’homme!” nous dit Papa Schulzpin. Merci pour l’info, on a eu l’occasion de s’en rendre compte. Notre belle démocratie, qui n’est pas aussi démocratique qu’on veut nous le faire croire, s’est contentée des garanties fournies par les Etats-Unis. Elle s’est empressée de renouveler l’autorisation de survol de son territoire. Et pour les enquêtes en cours, elle collaborera “dans la mesure du possible”. C’est vrai que c’est pas facile de collaborer avec tout le monde en même temps...


le Zombie

 

 

"VOUS FAITES QUOI AVEC CETTE PERCEUSE?"


 


« Torture » est un mot aseptisant, par rapport à la réalité qu’il désigne, dans la mesure où il ne fait que résumer cette réalité, qui va de la torture morale et de conditions de détention conçues pour briser peu à peu la résistance des plus coriaces, aux supplices les plus scientifiquement sadiques sous surveillance médicale.
La torture morale comprend l’isolement prolongé dans l’incertitude absolue, la culpabilisation, la menace de sévices sur la personne du prisonnier ou celle de ses proches, le spectacle de la torture physique effectivement infligée à d’autres devant ses yeux, ou encore le simulacre de sa propre exécution, suspendue à la dernière seconde.
Et puis, il y a l’inimaginable torture physique – là, tout de suite, maintenant, à hurler, intolérable, qui empêche de penser, de se mobiliser contre la panique, et qui ne cesse plus, et c’est inhumain, et le corps se révolte, la sueur, le sang, les excréments, les os qu’on brise, l’horreur de ce que l’on est en train de vous faire… .

Journalisme et Mésinformation
[Andreas Freund]

 














     
 
Le Zombie libéré - 2006